Ils en ont marre et l'ont fait savoir à Neelie Kroes hier à Barcelone. Les patrons des grands opérateurs mobiles, présents dans la capitale catalane pour le congrès mondial du mobile qui s'y tient actuellement, ont vu pendant deux heures la commissaire européenne chargée de la Société de l'information. Et ils en ont profité pour faire passer leur message et taper sur la régulation, notamment européenne. Manque de chance pour les opérateurs, Neelie Kroes, favorable à une réduction des prix du « roaming » dans l'Internet mobile, vient d'obtenir le soutien de la commission de l'Industrie du Parlement européen. Celle-ci vient de se prononcer en faveur d'un abaissement des plafonds des tarifs de l'Internet mobile, qui serait divisé par 2,5 d'ici à juillet 2014. Cerise sur le gâteau du consommateur, les députés veulent aller plus loin que la commissaire européenne dans la réduction du prix des SMS à l'étranger et des minutes de communication. Un scénario du pire pour les opérateurs. Ils n'avaient pourtant pas ménagé leurs efforts.
L'Europe en retard dans la 4G
Franco Bernabè, patron de Telecom Italia, Vittorio Colao, le directeur général de Vodafone, René Obermann, le PDG de Deutsche Telekom, Cesare Alierta, celui de Telefonica, et Stéphane Richard, le président de France Télécom-Orange, se sont lâchés contre la régulation, accusée d'être trop consumériste. « Nous sommes à un moment où il nous faut investir dans les réseaux de très haut débit », a plaidé Stéphane Richard, notant le retard qu'a pris l'Europe dans la 4G et la fibre optique, par rapport à l'Asie et aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, le réseau 4G de Verizon a été ouvert en décembre 2010 alors qu'il ne le sera qu'à la fin de l'année en France. Autre exemple, en Corée du Sud, plus de 2 millions de clients bénéficient de la 4G. Plus tôt dans la journée, Vittorio Colao, avait vilipendé « la vieille approche des régulateurs ». Pour lui, la question est de savoir si « l'Europe a besoin d'emplois ou de baisse des prix ? Nous devrions arrêter cette intervention continue sur les prix et laisser l'industrie réinvestir l'argent ». Certains patrons, comme Vittorio Colao et Franco Bernabè auraient même menacé Neelie Kroes d'investir hors d'Europe, dans des pays où la régulation est plus légère.
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